Atelier
Contrôle et lâcher-prise, une dialectique de la confiance
samedi 6 juin 9h30-12h30
Quelque part entre le besoin compulsif de contrôle, la quête de maîtrise, la peur panique de ne plus rien tenir — ne plus prévoir, ne plus anticiper — et la chute totale. Le moment où tout bascule. Peut-être celui où j’ai lâché le volant de ma voiture…
Entre deux immobilités. Entre deux morts.
Et pourtant, au cœur de cet entre-deux : le mouvement, le flux, la vie. Jamais figée.
Le contrôle porte déjà en lui le lâcher-prise. Et dans le lâcher-prise, le contrôle surgit, déjà là, en filigrane.
Dans cette oscillation, dans ces contraires supposés, se logent l’équilibre, la tempérance, la vie même.
Ça circule, ça coule — jamais immobile, parce que toujours vivant.
Ton corps, ton trésor, ne cesse de fluctuer. Dès tes premiers pas, il a connu le lâcher-prise primordial. Il a goûté au risque, à la suspension, à ce vertige où, dans un élan de confiance, tu t’abandonnes à la gravité.
Et dans cet abandon, dans cette tentation de la chute, se trouvent déjà, en germe, la verticalité, la suspension, le rebond.
Le corps connaît la suspension, l’inspiration, puis bascule vers le sol, attiré par la gravité, par cette Terre qui toujours te reçoit, te soutient, te porte et te régénère. Et déjà, le rebond.
Lâche. Marche. Danse. Fais confiance.
Savoure cette vague.
« La vie est un pont entre deux morts. » — Doris Humphrey
Cette phrase me touche profondément.
Lâcher-prise, c’est accepter le risque de la bascule, de la chute. C’est consentir à être saisi·e, surpris·e, parfois dépassé·e. C’est le risque de perdre, de se perdre.
Alors nous résistons. Nous tenons. Nous contrôlons. Nous planifions, anticipons, analysons. Tout notre être entre en tension : le mental, les muscles, le ventre, les cervicales, les mâchoires. Et parfois, ça cède. Ça craque. Ça se déchire. Ce n’est plus possible.
Et pourtant… dans la chute, dans cette rencontre avec le sol, avec la Terre, traversé·e par la gravité, il y a le rebond.
Et dans ce rebond déjà en germe dans la chute naissent la verticalité, l’élan, la suspension.
Alors s’ouvre le monde. Le regard s’élargit. L’air devient ivresse.
Pour goûter à cela : la confiance.
Confiance dans ma capacité à chuter.
Confiance dans ma capacité à rebondir.
Confiance en moi, en l’autre, dans les processus et systèmes.
Par la danse, dans le corps, nous pouvons explorer ces états. Percevoir les zones de contrôle — parfois nichées jusque dans le cœur — et apprendre à relâcher, peu à peu.
Faire confiance au mouvement de la vie.
À cette bascule permanente entre suspension et chute.
À ce cycle vivant.
infos pratiques
Samedi 6 juin de 9h30 à 12h30
- 9h30-12h30
- MPT Chony Bourg Lès Valence
- 30-45 euros selon les possibles, 5 euros adhésion La Fluctuante année 25-26
- Tous niveaux, ouvert à tous et toutes, à partir de 16 ans
Atelier de mouvement et danse biodynamique, 3 heures d'exploration dansée, du sol à la vertical et du mouvement à la danse